Dans ce chapitre je souhaite vous présenter quelques légendes :

 

 

Voici la première :

Il y a plusieurs années, durant mon service militaire, j'avais l'habitude de me balader sur le sentier adjacent aux falaises du Cap de la Chèvre, situé dans la presqu'île de Crozon. Aujourd'hui, ce chemin n'existe plus.

Un jour, je me baladais sur ce sentier offrant une vue imprenable sur l'océan. En scrutant l'horizon, j'ai vu un homme assis au bord de la falaise. Que pouvait-il bien faire ici, peut-être admirait-t-il l'océan ?

En m'approchant de lui, je remarque qu'il est installé sur une chaise en toile, toutefois il ne fait pas face à l'océan. On dirait qu'il observe l'intérieur de la lande. Le paysage est tout aussi envoûtant avec ces ajoncs, genêts et bruyères qui s'étendent à l'infini.

Je lui adresse un salut courtois :
- Bonjour, Monsieur !

L'homme se retourne et me répond d'une manière peu courtoise :

- Silence !

Un peu refroidi par le ton peu amène de son salut,

je déduis qu'il ne regardait pas, mais, il prêtait l'oreille.

 C'est alors qu'il me dit :

- Vous..., vous n'êtes pas d'ici, n'est-ce pas ? Cela se remarque immédiatement...

Je m'arrête, sans répondre. L'homme se retourne et poursuit :

- Écoutez... 

Je demeure là à essayer d'écouter, sans véritablement comprendre. 

- Entendez-vous cette symphonie ? insiste l'homme.

Une symphonie… !? Alors là, cet individu me parait bien âgé, il semble divaguer...
Il est vrai qu'à cet instant les sifflements qu'émet la brise en traversant les herbes sont impressionnants, mais de là à les qualifier de symphonie, il y a un pas !

- Vous entendez ? Ce sont les Trolls qui sifflent si joyeusement…

C'est vraiment très beau... Qu'en pensez-vous ?

C'est ce jour-là que j'ai saisi le véritable sens du terme légende. Ces légendes ont toujours été contées et transmises par nos ancêtres. C'est grâce à eux que notre imaginaire s'est enrichi de manière extraordinaire, ces légendes commandent notre respect.

 

Voici la deuxième :

Il y avait autrefois une pauvre femme qui servait dans une grande maison.

Un jour qu’elle faisait son ouvrage, un homme inconnu vint à elle et lui remit un message, lui demandant de venir sans tarder pour une affaire importante.

La femme, surprise, montra le message à ses maîtres. Ceux-ci, après l’avoir entendu, lui dirent qu’elle devait s’y rendre, car refuser une telle invitation pourrait lui porter malheur. Ils lui donnèrent congé pour quelques jours et la laissèrent partir.

À l’endroit indiqué, elle trouva des Trolls qui l’attendaient. Ils la conduisent à travers un passage étroit, comme une faille, dans la montagne. Bientôt, elle se retrouva dans un lieu souterrain d’une grande beauté, où tout brillait comme de l’or.

Les Trolls lui présentent un nouveau-né, et ils lui demandent de s’en occuper. La femme resta là quelque temps, veillant sur l’enfant, tandis que les habitants du lieu festoyaient et se réjouissaient.

Lorsque vint pour elle le moment de partir, les Trolls la remercièrent et remplirent ses poches d’or, en lui recommandant de ne jamais parler de ce qu’elle avait vu. Elle reprit alors le chemin par lequel elle était venue, et, en peu de temps, se retrouva devant la maison où elle servait. Mais tout avait changé. La maison n’était plus la même, et des gens inconnus y habitaient. Lorsqu’elle demanda ses maîtres, on lui répondit qu’ils étaient morts depuis de nombreuses années, et que nul ne se souvenait d’elle.

Alors la femme comprit qu’elle n’avait pas passé quelques jours seulement parmi les Trolls, mais de très longues années. Et, bien qu’elle eût encore l’or dans ses poches, elle avait perdu tout ce qui faisait sa vie autrefois.